L’immigration a été l’avènement de plusieurs événements positifs. Au Québec, cette immigration a réglé plusieurs problèmes démographiques. De plus, la cohabitation de différents peuples a entraîné plusieurs conséquences positives telles que l’ouverture d’esprit, les nouvelles connaissances, l’acceptation des autres et de leurs différences, la tolérance, etc.. Toutefois, cette cohabitation a aussi amené plusieurs conséquences négatives telles que la confrontation, la guerre, la haine, la violence, le racisme. Effectivement, l’immigration a été la source de plusieurs problèmes conflictuels entre la société d’accueil et les nouveaux arrivés.
Bien que les exemples de réussite d’intégration à la société d’accueil sont nombreux, il reste que dans certains cas, l’intégration d’un individu à sa société d’accueil est parfois très difficile compte tenu des dissemblances importantes de croyances et de comportements. Il semble que le Québec fait, en ce moment, face à certaines difficultés quant à sa capacité à bien intégrer certaines minorités culturelles au sein de la société québécoise. Il semble aussi que ces dissemblances culturelles sont amenées sur la place publique plus fréquemment qu’avant. Les médias sont devenus alarmistes. Ils crient de plus en plus fort lorsqu’il y a un conflit entre deux individus qui résulte de leurs différences culturelles.
Au cours des derniers mois, les médias du Québec ont particulièrement traité de la question du racisme. Est-ce là, la dénonciation d’un malaise d’une société d’accueil face aux minorités culturelles qui l’intègrent ? Est-ce là le détournement d’une pensée commune que personne n’ose avouer de peur de se faire traiter de «raciste» ? Il semble aussi que le Québec ait de la difficulté à bien limiter l’exercice de certains droits fondamentaux de tous et chacun puisqu’il ne veut pas offenser certaines minorités. Il semble que tous aient peur de se faire traiter de racistes s’ils osent critiquer les actions d’un groupe culturel particulier. Mais qu’est-ce que le racisme ? Et comment faire pour conjuguer avec le fait que certaines minorités culturelles adoptent des comportements qui vont à l’encontre des droits fondamentaux adoptés par la majorité des Québécois ?
Dans son article 1, la Convention pour l’élimination du racisme et de la discrimination raciale (CERD) se limite à définir la seule discrimination raciale, qu’elle fonde sur « la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique ». Cette interprétation large reconnaît que le racisme a « pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice, dans des conditions d’égalité, des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social et culturel ou dans tout autre domaine de la vie publique ». «Le racisme a d'abord une fonction de légitimation par stigmatisation. Le groupe exploité, conquis, dominé, ciblé, est catégorisé, traité comme inférieur et assigné à une position sociale subordonnée...Le racisme a aussi une fonction de déplacement. Ainsi, en période de crise économique, politique ou culturelle, on désigne l'Autochtone, le minoritaire, l’immigrant, l’Arabe, le musulman, le Juif, comme bouc émissaire responsable de l'insécurité engendrée par cette crise.
Enfin, le racisme a une fonction de division entre le citoyens d’origines diverses et retarde, voire affaiblit, la mobilisation et l’organisation syndicale, politique, etc.»
Si on s’en remet à la définition de la Convention pour l’élimination du racisme et de la discrimination raciale (CERD), on peut probablement parler de racisme si l’individu critique le fait qu’un autre individu de par ses croyances privilégie des comportements qui délogent l’égalité entre l’homme et la femme. En effet, dans cette situation particulière, on peut conclure que celui qui juge les comportements de l’autre compromet la jouissance, dans des conditions d’égalité, des droits de l’homme et des libertés fondamentale dans les domaines social et culturel. Dans cette situation bien particulière nous faisons face à un affrontement entre deux croyances bien distinctes, mais qui sont au cœur d’un litige. L’acceptation des croyances d’un individu qui adopte des comportements sexistes dans une société d’accueil qui s’efforce à abolir des comportements sexistes depuis des années.
La conduite de celui qui adopte des comportements qui compromettent l’égalité entre l’homme et la femme est aussi dérangeante que celui qui a un comportement raciste puisqu’elle détruit, elle aussi, la jouissance, dans des conditions d’égalité, des droits de l’homme et des libertés fondamentale dans les domaines social et culturel. Dans cette société d’accueil, si nous faisons face à un individu qui est considéré comme raciste et l’autre sexiste, nous semblons faire face à deux comportements qui ne peuvent cohabiter…Dans ce cas, lequel doit-on sanctionner ? Doit-on en sanctionner un ou pouvons-nous continuer à cohabiter à vitam æternam sans interdire un des ces comportements ? N’est-ce pas là une pensée utopique ? Allons nous continuer à faire face à ce malaise profond sans agir? La seule solution n’est-elle pas d’affirmer quel sera le droit fondamental qui sera privilégié au Québec, l’égalité entre l’homme et les femmes ou l’acceptation de toutes les religions avec leurs croyances et leurs règles propres ? À moins que quelqu’un puisse trouver une solution qui vise à concilier le sexisme avec la croyance que la femme ne doit pas être traitée de façon égalitaire ? Ainsi, pourrons nous une bonne fois pour toute instaurer les changements adéquats à la Charte canadienne des droits et libertés et éliminer le malaise profond de la société québécoise face à ses minorités culturelles.