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Des magouilles dans une école afin de tromper le Ministère de l’Immigration


Immigration.ca - Canada Immigration News - Apr 2007

Les magouilles afin de tromper le ministère de l’Immigration sont parfois de très mauvais goût et sont parfois faites par des personnes qui ont une importante notoriété dans la société. Un cas récent a encore démontré que ce sont parfois des gens qui occupent des postes importants dans la société, un poste d’autorité auprès des jeunes, qui commettent des actes de très mauvaise foi. En effet, un directeur d’école nous a démontré qu’il se préoccupait beaucoup plus de l’aspect pécuniaire que de donner l’exemple.

Ce directeur d’école a été accusé de fabriquer et d’utiliser de faux documents pour tromper le ministère de l’Immigration. Nous parlons ici du directeur de l’école Ali Ibn Abi Taleb, une école musulmane de Saint-Laurent. Il a même plaidé coupable jeudi le 20 avril 2007 à des accusations de fabrication et usage de faux documents pour tromper le ministère de l’Immigration.

Tel que décrit dans La Presse, dans l’article de Christiane Desjardins, en sa qualité de directeur de cette école privée et subventionnée en partie par l’État, Bilal Mohamad Jundi, 42 ans, émettait de faux bulletins et de fausses attestations d’études à des enfants qui ne fréquentaient pas son école et qui, en fait, ne résidaient même pas au Canada. Ceci était fait dans le but que les familles à qui il remettait ces faux papiers puissent faire croire qu’elles habitaient au Canada depuis quelques années. Ainsi, elles remplissant une des conditions incontournables pour obtenir la citoyenneté et le passeport canadien.

Madame Christiane Desjardins décrivait dans son article que selon l’enquête effectuée par la GRC, le directeur aurait fait environ 200 de ces faux documents entre 1996 et 2004. En échange de ses services, il aurait obtenu rémunération.

L’avocat de l’accusé, M e Julius Grey, n’est pas tout à fait de cet avis. Il a affirmé hier à La Presse que Jundi n’avait pas reçu d’argent. Il a aussi dit que le nombre de faux documents était beaucoup moindre (4 ou 5). Il a terminé en disant qu’il avait agi par « compassion », humanisme et complaisance. Jundi, à qui La Presse a parlé jeudi, soutient lui aussi que les infractions étaient mineures et qu’il n’a pas obtenu de bénéfices personnels.

Un seul couple a été accusé de profiter de cette tromperie. Il s’agit de Laudy Nohra, 39 ans, et Bechara Milan, 45 ans. Ils ont été accusés de 36 chefs. Ces chefs sont liés à la fabrication et à l’utilisation des faux documents, en septembre dernier. Ils ont plaidé coupable à six des accusations par la voix de leur avocat, et ont obtenu une absolution inconditionnelle en décembre dernier, après avoir versé 12 000 $ à la Fondation de l’hôpital de Verdun.

Ce couple réside toujours au Liban. Ils avaient un stratagème bien particulier afin de contourner la loi dans le but d’obtenir leur citoyenneté. Ils possédaient une carte de résident permanent. Ils affirmaient alors habiter à Montréal et ils donnaient comme résidence l’adresse de l’un des membres de leur famille. Ils soutenaient, faux documents à l’appui, que leurs quatre enfants fréquentaient l’école Ali Ibn Abi Taleb. En réalité, ils vivaient au Liban la majeure partie de l’année et ne venaient au Canada qu’occasionnellement.

M e Grey a demandé la préparation d’un rapport présentenciel pour éclairer le tribunal sur la peine à imposer au directeur, si bien que les représentations sur la peine ont été reportées au 18 septembre prochain. M e Grey espère obtenir une absolution pour le directeur. C’est une histoire à suivre.

Source:

«La libération d’un agresseur sexuel inquiète», La Presse, Montréal, Samedi le 21 avril 2007, A24

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