Immigration.ca - Canada Immigration News - Feb 2007
Face aux défis contemporains, les associations professionnelles devront éventuellement résoudre de nombreux problèmes. L’intégration des immigrants, l’adaptation aux normes mondiales, le manque de transparence sont de ce nombre. Madame Francine Fiore, dans les Affaires du samedi 10 février 2007, a d’ailleurs dressé le portrait d’un premier homme qui a eu de la difficulté à faire reconnaître ses compétences au Québec, mais qui par sa persévérance, a su se faire reconnaître de ses pairs.. C’est le cas du médecin généraliste, Carlo Jean-Louis qui a été formé en Haïti. Arrivé au Québec en 1977, il a dû attendre plus de dix ans avant d'obtenir le droit de pratiquer la médecine. " À mon arrivée on m'a simplement dit qu'on n'avait pas besoin de moi ", raconte-t-il. Afin de gagner sa vie et celle de sa famille, M. Jean-Louis est donc devenu préposé aux bénéficiaires dans un centre d'accueil et à l'ancienne Urgence Santé. " J'ai été congédié parce que je donnais des conseils de santé au téléphone pour les cas qui ne nécessitaient pas d'ambulance ", se souvient-il. Afin d'aider les autres immigrants, M. Jean-Louis a participé à la fondation du Centre d'aide aux professionnels immigrants (CAPI) en 1978-1979, l’ancêtre de l'Association des médecins diplômés hors Québec. " J'ai entrepris un combat politique pendant dix ans. J'ai insisté auprès du gouvernement québécois sur la nécessité de remédier à la pénurie de médecins dans les régions éloignées et sur le fait que les diplômés étrangers étaient justement prêts à se rendre n'importe où. Mais il n'y avait rien à faire. " M. Jean-Louis a dû reprendre sa formation médicale. Il a réussi l'examen du Conseil médical du Canada en 1984 et a été admis au programme d'accueil, un stage de six mois, à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Il a ensuite pu faire sa résidence en médecine familiale pendant deux ans. Le diplôme de médecin de famille acquis, le Dr Jean-Louis s'est installé en 1991 en Gaspésie. Aujourd'hui, Carlo Jean-Louis pratique à Sainte-Anne-des-Monts et à Rimouski. Il travaille également à l'urgence du Centre hospitalier de la Haute-Gaspésie. Il est aussi responsable des stages en médecine familiale et examinateur pour le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC). Il a aussi fait de la recherche au CRESALA (Centre de recherche scientifique appliqué à l'alimentation). Admiré de ses pairs, il a récemment reçu le Prix des Médecins de famille canadiens de l'année 2006, décerné par le CMFC. Une reconnaissance pour l'ensemble de sa carrière :" Ça valait la peine de reprendre des cours, reconnaît-il. En Haïti, j'ai reçu une bonne formation clinique. Mais, au Québec, j'ai appris beaucoup sur le plan technologique. " Aujourd'hui, Carlo Jean-Louis est un vrai Gaspésien qui est impliqué dans son milieu. Madame Francine Fiore, toujours dans les Affaires du samedi 10 février 2007, dresse aussi le portrait de cet homme dont l’accès au marché du travail du Québec n’a pas été facile. Âgé de 40 ans, M. Polycarpe vit au Québec depuis six mois seulement. Cet enseignant formé en Haïti a également étudié en droit. Il est actuellement au chômage. Il a travaillé comme agent de sécurité. Comme tant d'autres, il souhaiterait pratiquer sa profession, en l'occurrence l'enseignement. " Je suis titulaire de deux baccalauréats, dit-il, l'un en sciences politiques avec une option en relations internationales et l'autre, qui est l'équivalent d'un baccalauréat en éducation. J'ai pris contact avec les commissions scolaires, mais on n'a jamais reconnu mes diplômes. On lui a proposé de reprendre une formation en pédagogie. Il compte donc retourner aux études. Afin de remédier à la situation, une fondation a été lancée le 25 août 2006. Cette fondation, la Fondation pour l’intégration professionnelle et politique des immigrants au Canada (FIPPIC) a pour mission d’aider les immigrants à travailler dans les domaines dans lesquels ils ont étudié dans leur pays d’origine.
Source :
Les Affaires
Dossier spécial, samedi 10 février 2007, p. 52