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L’ÉDUCATION TRANSNATIONALE DES ENFANTS :


Immigration.ca - Canada Immigration News - Jan 2007

La réalité des familles immigrantes est parfois très difficile à affronter. En effet, certains parents immigrants doivent renvoyer leurs enfants chez leurs proches dans leur pays natal. C’est un nouveau phénomène que les experts nomment l’éducation transnationale des enfants. En Ontario, des centaines de ressortissants chinois récemment immigrés à Toronto ont renvoyé leurs enfants en bas âge chez des proches en Chine. Cela pourrait s’expliquer par des contraintes financières et des frais de garde élevés, affirment des travailleurs sociaux. Voilà une réalité différente, mais tout aussi inquiétante que celle des femmes originaires des Philippines et des Caraïbes qui laissent leurs enfants dans leur pays pour venir travailler au Canada comme aide familiale résidant au domicile de leur employeur. Ces femmes se retrouvent à élever leurs enfants à distance. Pour se faire, elles s’outillent de caméras vidéo ou elles font des appels interurbains. Le phénomène des professionnels chinois qui immigrent ici, pour ensuite renvoyer leurs enfants en Chine est une nouvelle situation. Cela soulève des questions sur la pertinence du modèle canadien de sélection des immigrants. Cette nouvelle situation pourrait contribuer à expliquer la récente diminution des demandes d'immigration en provenance de Chine. En 2002, Florence Wong, une travailleuse sociale de Toronto, a mené une étude auprès d'immigrantes chinoises qui participaient à des programmes prénataux. Soixante-dix pour cent des ces femmes lui ont dit qu'elles comptaient renvoyer leurs enfants en Chine afin qu'ils y soient élevés par des proches. D'autres travailleurs sociaux actifs auprès de la communauté chinoise de Toronto ont confirmé que cette nouvelle tendance est une réalité des immigrants chinois. Cette conjoncture peut s’expliquer en partie par le fait que les professionnels immigrants ont de la difficulté à trouver un travail à la hauteur de leurs qualifications. Plusieurs professionnels chinois dans la trentaine sont arrivés au Canada convaincus qu'ils trouveraient un emploi bien rémunéré dans leur secteur. Cependant, plusieurs ont été forcés d'accepter des emplois payés au salaire minimum. Avec des revenus familiaux de 1000 $ par mois, ces ressortissants chinois ne pouvaient malheureusement pas payer la garderie. Par ailleurs, ils ne pouvaient par bénéficier de subventions non plus. De plus, l’absence de services de garde subventionnés à l’extérieur du Québec n’aide pas la situation. Malgré eux, plusieurs ressortissants chinois ont donc renvoyé leurs enfants en Chine afin qu’ils soient élevés par leurs proches. Avec la croissance économique que connaît la Chine ces dernières années, le nombre de demandes d'immigration en provenance de ce pays a diminué considérablement. Le nombre a chuté de 40 000 en 2004 à 19 000 en 2006. Par comparaison, le Canada a reçu 132 000 demandes d'immigration de l'Inde, un nombre beaucoup plus important. La triste conséquence de cette éducation transnationale est les répercussions négatives chez les enfants renvoyés dans leur pays natal. D’ailleurs, Judith Bernhard, spécialiste en éducation de la petite enfance a affirmé que les dommages psychologiques causés aux enfants élevés séparément, puis réunis avec leurs parents, peuvent être graves. En tant que société, si nous désirons maintenir les demandes d’immigration de la Chine, nous devrons nous questionner sur cette nouvelle problématique de l’éducation transnationale des enfants si nous ne voulons pas que ces enfants connaissent les contrecoups d’être élevés séparés de leurs parents et ensuite éduqués par eux à nouveau.

Source :

PC, «Des immigrants chinois renvoient leur enfant en Chine», L'Acadie Nouvelle, Canada, mercredi 3 janvier 2007, p. 15

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