Immigration.ca - Canada Immigration News - June 2007
Le marché du travail est souvent confronté à deux réalités, des secteurs où il y a des mises à pied massives et des secteurs où l’on recherche activement de la main d’œuvre. Tel que l’affirmait Diane Bellemare, première vice-présidente et économiste en chef du Conseil du patronat du Québec, " On apprend régulièrement à la télévision des licenciements massifs dans le secteur manufacturier et d'un autre côté, on entend les dirigeants d'entreprise se plaindre du manque de main-d'oeuvre. Malheureusement, ces deux réalités ne sont pas compatibles. " La main-d'oeuvre manufacturière est assez âgée et pas toujours à l'aise avec les nouvelles technologies comme les appareils numériques.
" Ce n'est plus de bras dont les entreprises ont besoin, mais de compétences plus pointues ", affirme Jean Michel Laurin, vice-président, recherche et affaires publiques, des Manufacturiers et exportateurs du Québec. Souvent, les compétences ne sont pas transférables. "
Tel que la rapportait Dominique Froment dans son article du 21 avril 2007, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a fait un sondage auprès d'environ 9 000 de ses membres. En 2006, 3,6 % des emplois sont restés vacants dans les PME au Canada pendant une période de quatre mois ou plus. En 2005, le taux était de 3,2 %et en 2004 il était de 2,6 %. Au Québec, en 2006, ce taux était de 2,6 % (le même qu'en Ontario), par rapport à 2,2 %, en 2005 et à 2,4 %, en 2004. "
Par ailleurs, tel que le mentionnait Dominique Froment dans son article du 21avril 2007, en 2006, c'est dans le secteur de la construction (4,7 %) que le taux de postes vacants depuis au moins quatre mois est le plus élevé au Canada. Suivaient les domaines de l'agriculture (4,4 %) et de l'accueil-hébergement (4,3 %). Ce taux était de 2,9 % dans le secteur manufacturier.
" La pénurie de main-d'oeuvre est moins accentuée dans le secteur manufacturier que dans d'autres secteurs, mais le sondage montre que les chefs d'entreprises manufacturières sont plus pessimistes que les autres pour les cinq prochaines années ", précise M. Simon Prévost, directeur, affaires législatives, à la FCEI.
Toujours selon les propos tenus par Dominique Froment, ce sont surtout les petites entreprises qui souffrent de la pénurie de main-d'oeuvre. Au Canada, en 2006, celles qui comptent moins de cinq employés ont enregistré un taux de 7,5 % de postes restés libres pendant quatre mois ou plus, comparativement à 2,5 % dans les entreprises de 100 à 499 employés.
Le besoin de main d’œuvre est beaucoup plus important dans les secteurs qui nécessitent un diplôme d’études secondaires ou une formation professionnelle spécialisée. Tel que le mentionnait Dominique Froment, pendant que 7 % des répondants au sondage de la FCEI ont dit rechercher particulièrement des titulaires de diplômes universitaires, environ 30 % ont déclaré avoir surtout besoin d'employés ayant un diplôme d'études secondaires ou une formation professionnelle spécialisée.
Selon la FCEI, qui a réalisé une étude particulière sur le sujet, une partie de la solution pourrait venir de l'immigration si elle était mieux adaptée aux besoins de notre marché du travail. " La grande majorité des immigrants accueillis au Canada n'ont pas les compétences pour occuper les postes vacants dans les entreprises ", affirme M. Prévost. Finalement, nous constatons donc par les propos rapportés par Dominique Froment que l’immigration peut être une belle solution à l’un des problèmes que vit la société québécoise.
Les Affaires, Dossier spécial, samedi 21 avril 2007, p. 50