Immigration.ca - Canada Immigration News - June 2007
Considérant le vieillissement de la population, nous faisons face à un problème particulier, la pénurie de travailleurs. Dans une telle situation, il faudra que les professionnels travaillant en ressources humaines soient créatifs, innovateurs et compétitifs.
Dans un contexte de pénurie de travailleurs, une bonne gestion des ressources humaines deviendra la solution. C'est ce qu'indique en toutes lettres la récente enquête de Secor sur le choc démographique. Ce document présente également la gamme des solutions recommandées par les dirigeants de PME.
Comme le rapportait René Vézina dans un dossier spécial, les solutions sont nombreuses. La plus populaire consiste à conserver les bons employés. La deuxième est de travailler plus intelligemment, d'attirer la main-d'oeuvre compétente, etc.. Bien que l’immigration pourrait être une solution intéressante, l'option " mieux intégrer les immigrants au milieu de travail " n'arrive qu'en dixième place.
" Attention ! Il faut bien comprendre que ce n'est pas la faute des entreprises ", souligne Christian Roy, directeur principal chez Secor et auteur de l'étude. " Avant de penser à intégrer des immigrants au milieu de travail, il faut d'abord en engager. Or, plusieurs PME n'ont tout simplement pas accès à ce bassin ", rapportait René Vézina.
Christian Roy mentionne que lorsque les régions ne recueillent pas beaucoup de néo-Québécois et que les politiques gouvernementales ne sont pas favorables à la reconnaissance des acquis, cela ne facilite pas les choses. Par ailleurs, M. Roy fait aussi remarquer que des entreprises qui embauchent des immigrants en ont souvent engagé d'autres auparavant, et qu'elles finissent par avoir une plus forte représentation de nouveaux arrivants.
Dans certains cas, l’embauche des immigrants reste encore une solution non adoptée. Pour d’autres entreprises, cette solution est reconnue et appréciée. " C'est une belle occasion autant qu'un grand défi ", dit Richard Fahey, vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). " On peut aller chercher chez les immigrants de la main-d'oeuvre compétente, des infirmières mais aussi des bouchers. L'éventail est large ", ajoute-t-il.
Toutefois, il faut dire que les obstacles restent nombreux. " Le processus d'immigration est complexe et laborieux, et la reconnaissance des diplômes demeure compliquée, dit-il, sans oublier que les milieux de travail doivent s'adapter. "
D’ailleurs, la FCEI vient de publier un document intéressant afin de pallier à la situation: L'immigration et la petite entreprise : des idées pour mieux pallier la pénurie de main-d'oeuvre au Canada. Cet ouvrage est fondé sur un sondage effectué à l'été 2006 auprès de quelque 12 000 PME membres.
Tel que rapporté dans l’article de René Vézina, on y apprend que parmi les répondants qui ont embauché de nouveaux travailleurs au cours des cinq dernières années, pas moins de 22 % disent avoir recruté un immigrant. Les plus grandes PME (100 employés et plus) connaissent, pour leur part, un plus grand taux qui est de 60 %. Les auteurs notent également que " l'embauche est davantage le fait des entreprises oeuvrant en milieu urbain qu'en milieu rural.
Les chiffres les plus élevés proviennent de Toronto, de Vancouver et de Montréal, ce qui n'est guère surprenant compte tenu du nombre d'immigrants qui s'établissent dans ces villes. " Espérons que les banlieues sauront être suffisamment accueillantes pour remédier aux problèmes de pénurie de main d’œuvre en établissant des politiques d’embauche favorables aux travailleurs immigrants.
Source :
René Vézina, Immigration et intégration, même combat : Les nouveaux arrivants représentent un formidable bassin de main-d'oeuvre, si on sait leur faire une place en entreprise, Les Affaires, Dossier spécial, samedi 21 avril 2007, p. A20